Le blogue d’une relationniste de presse
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Lise Raymond est sans cœur

Le Québec a vécu, en ce début d’année, un événement tragique. La crise du verglas — cette « catastrophe sans nom » comme l’a dit Bernard Derome après sa seizième tasse de café — a fait plus qu’attrister infiniment Pierre Bourque qui, comme Idéfix, pleure quand il voit un arbre blessé, elle a touché plusieurs ménages, bouleversé le quotidien de plus d’un million de familles et nous a infligé, soir après soir, la vision du turtle neck d’André Caillé.

Il y a eu, lors de cette crise, des gens qui se sont méchamment moqué de leurs concitoyens, soit en leur vendant des chandelles à 12 dollars l’unité, soit en appelant à la radio pour entendre « Flash tes lumières » en demande spéciale. Mais certains ont poussé la perfidie à un degré jusque-là rarement atteint dans l’histoire humaine. Une, entre autres, mérite plus que tout autre d’être dénoncée…

Il s’agit de Lise Raymond.

Lise Raymond, des Communications Lise Raymond, a fait des choses dont même Saddam Hussein en SPM aurait été incapable. Nous avons appris que dans un réflexe d’un égoïsme incommensurable, elle a ressortit sa vieille brosse à dents électrique Snoopy et, après avoir mangé un plein sac de pop-corn Orville Machin, elle se les est brossées pendant une bonne heure, tout ça en pleine heure de pointe au plus fort de la crise, juste au moment où Lucien a dit qu’on avait frôlé la catastrophe.

Et ce n’est pas tout : lorsque les usines d’épuration d’eau ont fait défaut, obligeant la population à la faire bouillir 5 minutes avant de prendre son bain, quelqu’un l’a vu remplir son abreuvoir de Labrador d’eau du robinet et en offrir, comme ça, effrontément, à tous les courriers essoufflés qui arrivaient dans son bureau.

On l’a vu, en vrac, pitcher des mottes de neige aux monteurs de lignes, faire des « weegies » aux militaires, mettre du sucre à la place du sel dans son entrée et prendre ensuite des photos du facteur qui pointait le mât du stade avec son gros orteil gauche, éternuer dans un tas de copeaux patiemment écorchés par des bénévoles qui ne lui avaient rien fait, et pelleter la neige de son toit sur celui du voisin.

C’est pourquoi, nous — nous, c’est-à-dire le département de rédaction de communiqués des Communications Lise Raymond —, nous, donc, avons décidé de la boycotter, de ne plus jamais mentionner qu’il s’agit de la meilleure attachée de presse à Montréal, que les artistes avec qui elle travaille (en nommer quelques-uns ici) ont beaucoup de succès, se font maintenant appeler Monsieur ou Madame et ont leur table réservée à l’Express, qu’elle vient de fonder une étiquette de disques consacrée à la musique du monde qui s’appelle BOMBYX avec Pierre Tremblay des Disques Doubles et que sa nouvelle adresse e-mail s’écrit comme suit : clraymond@*********.ca.

Non mais des fois, ça fera !

12 février 1998   Aucun commentaire