Le blogue d’une relationniste de presse
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Lise Raymond tient à respecter sa parole

Depuis le premier janvier, Lise Raymond cogite, soupèse, analyse. Échaudée par la réaction plutôt glaciale de son comité de rédaction au message de sa carte de Noël*, la PDG des COMMUNICATIONS LISE RAYMOND™ a décidé d’y penser deux fois avant de divulguer ses résolutions du nouvel an. On a beau travaillé dans le domaine des relations publiques, se faire accuser de superficialité, ça fait mal.

Lise s’est donc dit (dans son accent pseudo-saguenéen) : « Fi des mots sans poids ni consistance ! Tant qu’à prendre une résolution, autant en prendre une que je saurai tenir lâ, lâ. » Plus simple à dire qu’à faire. Depuis le premier janvier, elle cogite, soupèse et analyse. Y a pas grand chose qui résiste à l’enquête…

D’abord, le classique des classiques : arrêter de fumer. Irréaliste. Lise s’épilerait le corps au complet avec des patchs avant d’y arriver. De toute façon, décider d’arrêter de fumer le premier janvier, c’est comme décider d’arrêter de roter le 24 juin : intenable. Next.

Maigrir. Excellente résolution. Après avoir été gavé de gras saturé pendant 2 semaines, on en a tous un peu à perdre. Mais qui tient ça ? C’est beaucoup moins compliqué de dévisser la balance, de décaler l’aiguille de 20 livres et de montrer fièrement le résultat à la visite. Non ! Montignac a beau dire, c’est pas parce que tu mets du fructose dans tes All Brans que tu vas ressembler à Ally McBeal. Irréalisable. Out.

Dans la même catégorie, mais formulée différemment : faire attention à ce que je mange. Trop vague. Ça peut vouloir dire de suivre les recommandations du guide alimentaire canadien. Mais ça peut également vouloir dire de parler gentiment à sa poutine avant de s’en goinfrer. Imprécis. Suivant.

Faire de l’exercice. Un autre classique. Généralement, ça veut dire se faire venir le Abs Roller et abandonner après être monté à 180 battements/minute juste en allant le chercher au bureau de poste. Pas bon. Bye bye.

Se trouver un chum. Ben oui… Comme si ça se vendait à l’épicerie : « As-tu vu ? Cette semaine, les bruns intelligents sont en spécial… » On ne peut pas prendre la résolution de trouver un chum : c’est comme décider de gagner à la 6/49. L’amour est tributaire du hasard. Et le hasard ne se commande pas. N’importe quelle fille en chaise roulante qui travaille aux bouliers de Loto-Québec vous le dira. Niet. On oublie ça.

Prendre soin de moi, comme dans l’expression : « Cette année, je prends soin de moi. » D’abord, ça veut dire quoi ? S’acheter un kit d’infirmière et se donner un lavement baryté ? On prend toujours soin de soi ! Y a personne qui traverse au feu rouge sur Notre-Dame en se disant : « Ah pis merde ! Chu tanné de faire attention… » C’est vide et superfétatoire. Exit.

Que reste-t-il ? Pas grand chose. Conclusion : la seule résolution réaliste que Lise Raymond peut prendre est la suivante : s’engager à vous envoyer au moins un communiqué par mois.

Le comité de rédaction se réjouit des implications spirituelles et financières d’une telle décision.

* Voir le communiqué intitulé Lise Raymond déçoit (ou Les Bijoux de la Castafiore, c’est au goût).

12 janvier 1999   Aucun commentaire