Le blogue d’une relationniste de presse
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Lise Raymond est hantée par son passé

Certains attachements semblent cosmiques : la mystérieuse personne qui nous sourit toujours au café du coin, l’ami qui appelle à chaque fois qu’on pense à lui, le caniche qui prend notre jarret pour une poupée gonflable. Ces liens ont quelque chose de surnaturel. On dirait qu’ils ont été cultivés dans des vies antérieures — pour autant, bien sûr qu’une vie antérieure, ça existe, mais quand on regarde Néron et Pierre Bourque et qu’on fait un parallèle, on n’en doute pas un instant.

Prenez le cas de Lise Raymond, oui, celle des communications du même nom. Tous ceux qui ont lu son autobiographie savent qu’avant de fonder son entreprise cotée en bourse (« Une valeur sûre » selon Fidelity Investement), Lise a fourbi ses armes comme relationniste de presse dans différents bureaux, entre autres ceux de BMG Québec. À cet endroit, elles bossaient en compagnie de CAROLINE LAGUEUX, une bonne pote avec qui elle a toujours gardé contact par la suite. Alors voilà, Caroline a décidé, il y a peu, d’embrasser la merveilleuse carrière de pigiste, ce merveilleux état professionnel où l’on apprend à ramasser ses reçus et à se passer d’assurance-chômage. Après avoir fait ce que tout bon pigiste fait, c’est-à-dire squatter son domicile et l’ensevelir sous des tonnes de paperasse gouvernementale, elle s’est lassée et est partie à la recherche d’un beau bureau tout neuf où elle pourrait faire des cochonneries sur la photocopieuse sans être constamment interrompue par des Témoins de Jéhovah.

Et c’est là que la coïncidence mystique est survenue : Lise, ayant tout récemment perdu sa partenaire d’espace (néologisme pour désigner un coloc), cherchait quelqu’un pour cohabiter professionnellement dans ses bureaux sis sur la rue Saint-Denis. Caroline et elle se sont donc parlé et puis pouf ! les voilà-ti pas voisines de bureau comme dans le temps, en 94, cette époque folle où tout semblait permis, y compris payer avec des deux piasses en papier.

Certains cyniques dans la salle n’y verront là qu’une anecdote banale, pas de quoi faire un communiqué, surtout après deux mois de silence. Mais l’histoire de deux âmes qui se retrouvent, d’un couple qui se reforme, ça ne fait pas du bien, vous pensez, ce n’est pas une belle leçon de vie, un bémol chantant face à la vague ambiante de séparation et de passion déchirée. Prenez deux minutes pour méditer tout ça en sniffant de l’encens et vous verrez qu’un peu de bonheur une fois de temps en temps ça fait du bien NON MAIS ON N’A PAS LE DROIT D’ÊTRE HEUREUX BORDEL DE MERDE !!!

La communication vient subitement d’être rompue, pardon… Lise Raymond tient à assurer tous ses lecteurs qu’elle est foncièrement désolée et que c’est la dernière fois qu’elle commande un communiqué en plein SPM (PMS pour les anglophones). Elle assure qu’elle ne voulait qu’annoncer l’arrivée de Caroline dans les bureaux attenants au sien, et non pas ergoter sur des sujets complexes comme le mal de vivre de l’Homme contemporain. Elle voulait aussi noter la présence d’une autre Lise Raymond dans le milieu de la relation de presse et s’en étonner en abordant le sujet de la dualité humaine au moyen d’un essai intitulé Lise Raymond et son double, texte écrit en résonance avec Le Théâtre et son double d’Antonin Artaud mais là, vous imaginez, on l’aurait taxée d’intellectualisme à outrance et on lui aurait proposé de faire les relations de presse de Léa Pool. Alors autant conclure en disant que c’est la fin et on se reparle quand ça ira mieux…

5 octobre 2000   Aucun commentaire

Lise Raymond fait ses prières

I

Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, c’est le carême. Cette période de l’année, où Notre Seigneur a été insidieusement tenté par le démon, nous interpelle tous. C’est un temps propice au recueillement, au jeûne, et surtout au magasinage des gougounes confortables qui nous accompagneront tout l’été durant.
Les COMMUNICATIONS LISE RAYMOND profitent de l’occasion pour vous soumettre quatre prières, une par semaine, d’ici Pâques afin de nourrir votre communion profonde avec le Christ. Bon recueillement…

PRIÈRE VISANT À NOUS PRÉSERVER DE LA LUXURE, DU STUPRE ET DE LA FORNICATION

En ce temps maudit où le diable essaie
D’apprendre à Jésus à quoi sert un poignet
Donne-nous, ô Toi qui es au ciel
La pudeur de notre très Sainte Sœur Angèle
La force de résister aux tentations
Pour ne pas que, comme Bill Clin(ne)ton
On s’garroche sur tout ce qui pendasse
De l’abdomen de la féminine race
Préserve-nous de subir l’outrage
De s’faire pogner tout nu au bar l’Orage
Et surtout Dieu Saint, Père du Christ
Montre-nous l’infamie des danses à dix
Où dans l’ombre malsaine de l’isoloir
Les curés touchent ce qu’ils ne devraient même pas voir
Ainsi que l’horreur des bars de gogo-boys
Où on se rase le zwizwi et s’enduit de Lestoil

AMÈGNE !

II

C’est le carême. Les COMMUNICATIONS LISE RAYMOND vous le rappellent encore, car, inutile de le cacher, on vous a vus la semaine passée en train de prendre une bière, ce qui est une profonde insulte pour notre Seigneur qui, pendant ce temps-là, se déshydrate dans le désert et cherche désespérément un Provi-Soir, quek’ chose… Enfin, expurgez votre péché en récitant ceci :

PRIÈRE POUR NOUS PRÉSERVER DES PARADIS ARTIFICIELS

Seigneur, je suis une brebis égarée
Brebis je suis, car j’adore téter
Au goulot désirable de la dive bouteille
Pis si y a pas d’vin, une draft ferait pareil

Je voudrais prendre une Black sans tomber à quat’ pattes
Sauf que si j’en bois une, je vide la 24
La balloune est ma perte, je le sais, je le sens
Je veux partir sur elle, mais pas souffler dedans

Je voudrais revenir dans le droit chemin
Mais c’est pas évident après quinze verres de vin
Seigneur, prends pitié, fais de moi un homme
Pis faut qu’j'te dise en passant que toé, hic ! t’es mon chum

Seigneur Dieu, tu es Saint, je suis à ta merci
Tu fais grandir ma foi, mais mon foie est fini
Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite
Tu peux-tu jusse attendre que je r’vienne des toilettes

AMEN (z-en deux autres pis mets ça sur mon bill !)

III

Après vous avoir proposé depuis deux semaines des prières illuminatrices qui auront sans nul doute élevé votre âme (et votre facture de papier à fax), LISE RAYMOND décide aujourd’hui d’assurer sa propre rédemption. Bienvenue dans la spiritualité d’une des femmes les plus pieuses depuis Annie Sprinkle…

PRIÈRE DE LISE RAYMOND

Seigneur, Mon Dieu, je suis pécheresse
Je m’appelle Lise et fais de la relation de presse
Il m’arrive parfois de me péter les bretelles
Mais je n’suis, après tout, que téteuse professionnelle

Seigneur, je vous en prie, ayez pitié
J’ai quelques petites choses à vous demander :

Faites, Mon Dieu, qu’à tous mes lancements
La place soit pleine comme par enchantement
Que les gens des médias s’y garrochent aussitôt
Comme les mannes au printemps dans ma vitre d’auto

Ou : Que les gens des médias s’y agglutinent
Comme des poils de poche dans la Vaseline (!)

Que mon mur s’emplisse de disques de platine
À la vitesse que ça prend pour digérer des bines
Que journalistes et recherchistes m’adulent plus qu’il ne faut
Qu’ils soient même prêts à payer pour un CD promo

Faites que les artistes que je représente m’obéissent
Et acceptent avec joie l’entrevue durement arrachée au Allo-Police
Et faites, Seigneur, qu’il soit possible d’appeler
Un musicien avant midi sans le réveiller

Mais surtout…

Je ne veux pas me retrouver comme un seul homme
Dans l’enfer des relationnistes de presse
À essayer de paqueter le Centre Molson
pour Evan Joanness…

ÉÉÉÉÉÉMEN !

IV

En fin de semaine, c’est Pâques. C’est la fête de Jésus qui ressuscite. Pas étonnant : avec la quantité de chocolat qu’on mange cette journée-là, le rush de sucre ferait lever n’importe qui. Pour ceux qui ignoreraient ce qu’on célèbre en ce jour glorieux — à part l’utilité du bracelet Medic-Alert — LES COMMUNICATIONS LISE RAYMOND vous proposent un petit résumé poétique de la Semaine Sainte. Inch’ Allah…

LA SEMAINE SAINTE

Le Christ savait que le jour était arrivé
Il invita donc ses chers apôtres à souper
Chacun savait qu’il s’agissait du dernier repas
Quand t’es reçu avec du pain, c’est clair que c’est ça

Les disciples écoutèrent Jésus les larmes aux yeux
Pas pour ce qu’il disait, mais parce que ça sentait le torrieux
Jésus remarqua et sa voix s’éleva au-dessus du simoun :
« Déchaussez-vous que j’mette de la poudre pour bébé dans vos gougounes »

(J’aimerais qu’on applaudisse ici le fait que je sois parvenu à trouver quelque chose de savant qui rime avec gougounes. Merci.)

Le Seigneur savait qu’il allait bientôt mourir
Son horoscope du matin ne pouvait lui mentir
Judas l’avait vendu pour à peine trente deniers
Mais il se pendit parce que l’impôt en grugeait la moitié

Le Fils de Dieu fut mené à son procès
On le jugea le jour même — la cour n’est plus c’qu’elle était !
Avant le chant du coq, Pierre le renia trois fois
Avec des chums de même, t’es dans la schnoutte jusque-là

Les Romains se moquèrent du pauvre Jésus
Lui firent boire du vinaigre et crachèrent dessus
L’ornèrent d’une couronne et d’un ridicule sceptre
Jésus se dit : « J’vas-tu mourir ou rentrer au CEGEP ? »

Ils le clouèrent cruellement sur une planche
C’est plate pas pouvoir se gratter quand ça te démange
Il mourut, mais trois jours plus tard il ressuscita
L’haleine du matin qu’il avait, j’vous dis pas

C’est pourquoi les Chrétiens adorent maintenant la Croix
Mais parfois je me demande si c’est sain tout cela
Une chance que Jésus n’est pas mort empalé
Sinon Dieu seul sait ce qu’on aurait adoré…

19 mars 1998   Aucun commentaire

Lise Raymond est disponible (professionnellement parlant… on s’entend !)

Lise Raymond est disponible, professionnellement parlant… on s’entend !

Attention tout le monde, la King de la relation publique, la Boss du pistage radio, la Reine des relations de presse, la Déesse de la promo est désormais un agent libre… Vous vous rendez compte ? C’est comme si on annonçait que Mario Lemieux est sur le marché des échanges, mais à un prix définitivement plus avantageux… Voyez ce que des clients satisfaits en ont dit :

« Nous sommes des clients satisfaits. »
Les artistes de BMG MUSIQUE QUÉBEC

Après plus de 10 ans d’expérience dans le domaine, Lise s’est acquise une réputation plus qu’enviable. Prononcez son nom devant les gens d’AUDIOGRAM, de WARNER, de POLYGRAM et de BMG MUSIQUE QUÉBEC, et d’un souffle unanime, des dizaines de voix proclameront : « Lise tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de ta promo est béni ! »

« Lise Raymond, j’y dois encore une moitié du Félix, équipe de promotion de l’année, qu’on avait gagné ensemble en ‘89. Y’as-tu quec’qu’un qu’y a une scie à métal. »
Richard Pelletier, directeur des communications DISQUES AUDIOGRAM

Travailler avec Lise, c’est comme travailler avec un ordinateur dans STAR TREK : jamais un bug, y’a rien qui crash, ça opère en pas pour rire. Une heure d’info-pub ne serait pas suffisante pour vanter ses mérites. Voyez ce que les gens qui la côtoient disent d’elle quand elle n’est pas là :

« Lise Raymond, c’est la spécialiste des missions impossibles. »
Mario Lefebvre et la gang de SÉLECT / MUSICOR

« Quand Lise Raymond se met le nez dans nos affaires, nos affaires deviennent florissantes. »
Les GRANDES GUEULES

« Une fille qui a le sens des relations… On a laissé nos blondes pour elle. »
Les BLEUS POUDRES

« Elle fait de l’excellent café. »
Laurent Saulnier, revue VOIR

« Elle est très propre de sa personne. »
Sa maman

LISE RAYMOND est dis-po-ni-ble et, en plus elle a le téléphone. Son numéro est le ***-****. Call toll free !
N’OUBLIEZ PAS : QUAND ON PARLE RELATION, ON PENSE LISE RAYMOND.

P.-S. : Ce communiqué n’a pas été rédigé par Lise Raymond, alors n’allez pas vous imaginer qu’elle manque d’humilité. En fait, elle est très modeste. Mais bon Dieu ! Vous demanderez-vous, a-t-elle des défauts ? Ne vous en faites pas, un document de 80 pages suivra sous peu à ce sujet…

1 mars 1996   Aucun commentaire