Le blogue d’une relationniste de presse
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Lise Raymond de retour dans le 450

En réponse aux demandes pressantes des fidèles lecteurs qui figurent sur l’imposante liste d’envois des Communications Lise Raymond, voici un communiqué qui renoue avec la tradition qui avait fait d’elle l’attachée de presse la plus farfelue au nord du 45e parallèle, tradition qui avait été établie à l’origine dans le but avoué d’exaspérer ses collègues et de leur faire perdre un temps précieux.

Bien sûr, vous saviez tous que quelque chose ne tournait pas rond chez Lise Raymond. Qui ne l’aurait pas deviné ? Mais, au fil des mois, Lise avait fini par imposer son style. Vous en étiez venus à accepter ses petits délires avec un sourire bien fendu. Vous aviez appris à lire entre les lignes, tout l’amour de Lizzz pour le showbizzz. Vous étiez même devenus accros, jusqu’au jour où… choc brutal, plus rien… silence radio ! Tous, statistiques à l’appui, se sont posés la question suivante : était-ce froidement calculé ? Inutile désormais de spammer notre boîte de réception et de faire piquer une crise à Lise qui est obligée de trier, à grands coups de « sôÔdàà, là, làà » (quel accent inimitable !), les 25 673 courriels qu’elle reçoit quotidiennement sous l’œil compatissant de Larissa, sa nouvelle adjointe. Voilà donc, à la demande générale, l’explication officielle que vous attendiez.

Lise, figurez-vous, LA Lise Raymond des Communications Lise Raymond s’est découvert un côté zen qu’elle exprime depuis à travers sa passion pour le GOLF. Vous comprendrez que, maintenant partagée entre sa nouvelle passion et les mille et une attentions qu’elle porte à sa clientèle, le temps lui fait cruellement défaut.

Mais, qu’à cela ne tienne, elle reprend aujourd’hui le flambeau avec des propos toujours aussi saugrenus, propos que moi, Su, sa nouvelle recrue, tenterai de vous communiquer aussi fidèlement que possible. Supportée par son équipe de rédaction (Eroger, mon fidèle ordinateur, et moi-même), Lise Raymond, qui s’est intronisée elle-même pour l’occasion « Cheufff de pupitre », veut ainsi ajouter son grain de sel à la méga-dose d’absurdité contenue quotidiennement dans l’actualité. Certaines contraintes budgétaires nous limitent toutefois à une parution par mois. Voici donc, après quelques années d’absence, un premier communiqué, fraîchement sorti de la Salle des nouvelles des Communications Lise Raymond.

Bonne lecture !

Pour diffusion immédiate

Lise Raymond, qui avait dû céder aux pressions du milieu d’affaires montréalais et s’établir dans la grande ville pour se retrouver tous les matins, depuis huit longues années, embourbée dans les nids de poule qui jonchent ça et là les rues de la métropole, a réalisé, quelques tickets de stationnement et plusieurs crises de nerfs plus tard, qu’elle pourrait s’éviter un carambolage ainsi qu’un cancer du cerveau en éliminant de ses activités professionnelles l’utilisation du téléphone portable sur le pont Jacques-Cartier aux heures de pointe. Que de temps retrouvé, estime-t-elle, temps qu’elle pourra désormais investir dans son redoutable swing…

Voici donc la nouvelle adresse à compter du 19 juin 2005 :

Communications Lise Raymond
761, rue Ste-Hélène
Longueuil (Québec) J4K 3R5
(450) 640-0500

Par ce retour triomphal dans la banlieue sud de Montréal, Lise Raymond veut se faire l’ambassadrice de la culture longueuilloise et couper le sifflet pour de bon aux mauvaises langues qui colportent depuis trop longtemps une image négative du 450 en remâchant toujours les mêmes maudites blagues plates qui tournent autour de la prolifération des tondeuses à gazon et de leurs heureux propriétaires. Ainsi songe-t-elle très sérieusement à faire la promotion partout à travers le Québec de la fameuse « coupe Longueuil ».

Véritable sculpture capillaire qui, on s’en souvient, avait dénaturé le paysage québécois au cours des années 80, la coupe Longueuil « revisitée » (pour plugger ici une expression branchée) serait de nature à redonner leur fierté aux riverains du côté sud de Montréal. Une mission hautement culturelle !

Re-bienvenue chez vous, Lise !

1 juin 2005   Aucun commentaire

Lise Raymond et le second principe de la thermodynamique

Tout est mouvement. De l’infiniment petit à l’infiniment grand, de l’atome à l’amas de galaxies, de Gilles Girard à Plume Latraverse, tout bouge, tout se meut. La thermodynamique nous apprend que l’entropie de l’univers augmente, c’est-à-dire que que son état de désordre s’accroît avec le temps. Le chaos est notre destin; ce que nous connaissons aujourd’hui sera tout autre demain. La flèche du temps pointe vers le changement et ce qui était n’est déjà plus.

Bref, tout ça pour dire que Lise Raymond déménage encore.

Bien sûr, vous aurez compris qu’il s’agit de la Lise Raymond des communications qui portent son nom. Après plus de deux ans au même endroit — ce qui constitue un record d’allégeance pour Lise, histoires d’amour comprises — elle doit relocaliser son environnement de travail parce que… parce que tout est mouvement, de l’infiniment petit à l’infiniment grand, et blablabla, il n’y a qu’à relire le paragraphe précédent.

La nouvelle adresse est la suivante :

Communications Lise Raymond (vous pouvez ajouter le mot « Internationales », ça flatte le côté « big shot » de Lise…)
**** B, rue ST-DENIS (notez le «B», qui n’est pas du tout une appréciation qualitative de son travail, mais bien une précision postale)
MONTRÉAL, QC (ici, pas de changement notable)
*** *** (comme on le voit, le code postal est facile à retenir puisqu’il s’agit également de la formule chimique du Mountain Dew)

Lise sera dans ses nouveaux bureaux dès le 22 octobre. Bonne nouvelle : le numéro de téléphone restera le même. Par un miracle de la technologie, vous n’aurez qu’à composer encore le (514) ***-**** et l’appel sera relayé par satellite de son ancienne adresse à sa nouvelle. On n’arrête pas le progrès.

Lise aura donc pris possession de ses appartements à temps pour le gala de l’ADISQ. Elle ne voudrait pas pour tout l’or du monde manquer cet événement pour lequel elle est en nomination deux fois (meilleure chanteuse country et claveniciste de l’année). D’autant plus que le hasard a voulu cette année que le gala ait lieu le soir de l’Halloween. Pendant que des petits monstres vont se promener de maison en maison pour quémander des bonbons, les monstres sacrés du showbiz québécois vont aller chercher leur nanane annuel…

Ce qui est intéressant, c’est que certains membres de l’assistance risquent d’être costumés. Qu’est-ce qu’ils porteront ? L’essentiel de la question réside là. Pour notre part, nous avons quelques suggestions :

• Nous imaginons parfaitement notre chère Ministre de la culture déguisée en Bill Clinton; il serait alors tout à fait logique de faire porter le costume de Monica Lewinsky à tous les producteurs.

• Il serait intéressant de voir Émile Subirana déguisé en Luc Plamondon, mais le risque qu’il se foute une baffe à toutes les fois qu’ils passerait devant un miroir serait trop grand.

• Un costume de sangsue conviendrait parfaitement à n’importe quelle attachée de presse…

• Éric Lapointe pourrait se déguiser en ange pour être conséquent avec le titre de son dernier album. L’association du spirituel et du spiritueux risque d’être intéressante lors du party d’après-gala.

• Un peu de poil sous les bras, une coupe bikini approximative et hop ! voilà Julie Snyder déguisée en Française…

• Richard Desjardins pourrait se déguiser en Richard Abel.

• Richard Abel pourrait se déguiser en abat-jour.

• Puisque Céline portait le costume de « Môman » l’an passé, il serait logique que Lara Fabian enfile celui de « Pôpa » cette année. Le risque qu’elle confonde « vendange » et « vidange » est cependant élevé.

• Et finalement, puisqu’elle aime beaucoup se promener, Lise Raymond pourrait se déguiser en Tintin. On pourrait même l’appeler Tintine. Après « Tintine à Longueuil », « Tintine sur la rue St-Laurent », voici « Tintine au coin de Rachel ». À venir : « Les Cigares du milieu du mois », « Objectif Une », « Joke en stock » et « L’Oreille cassée (après 8 heures de téléphone en ligne…) » !

14 octobre 1999   Aucun commentaire

Lise Raymond aux frontières du REER

I

La nuit était froide et brumeuse. Depuis longtemps, les chiens s’étaient tus par crainte d’attraper un rhume carabiné qui les aurait forcés à garder le lit et à boire beaucoup d’eau. L’automne était tombé comme une brique le 21 septembre 1997 au soir, au point où le bruit de la chute des feuilles jaunies avait littéralement arraché Lise Raymond à sa séance de méditation hebdomadaire.

Elle ne pouvait pas se douter que la semaine la plus étrange de sa vie venait tout juste de commencer.

Lise s’extirpa [sic] de la position du lotus, éteignit son bâton d’encens à saveur de réglisse, rangea la vieille photo de Peter Pringle qui l’aidait à « focusser » sur les vraies valeurs et, après s’être étirée un bon coup, elle fit ses 230 push-ups quotidiens qui faisaient d’elle la relationniste de presse la plus en forme du monde artistique québécois.

Comme d’habitude, en ce dimanche soir, elle se cala confortablement sur son divan IKEA et se mit à écouter les vieilles cassettes de Second regard enregistrées durant l’été, cassettes qu’elle conservait pour ces longues soirées mornes où ses méditations ne suffisaient plus. Car, malgré ce que plusieurs pensaient, Lise Raymond avait une vie spirituelle très élaborée et tutoyait sans problème le Pape.

Au début, il n’y eut que ce faible craquement, comme si les murs de son appartement longueuillois s’étaient soudain pris pour les jointures d’un nonagénaire arthritique. Elle n’y porta qu’une attention distraite, s’imaginant entendre le retour à la vie des plinthes de chauffage qui avaient chômé tout l’été. Mais le bruit se fit plus insistant, et Lise Raymond prit conscience qu’elle n’avait pas touché au thermostat. Le craquement devait provenir d’ailleurs.

Elle baissa le son du téléviseur et porta une attention particulière à cet étrange bruissement. En un éclair, elle imagina le pire. Un feu ! Il y avait un feu dans l’appartement ! Sa friteuse, achetée chez Dollarama, qu’elle avait utilisée au souper pour se faire des pétoncles venait probablement de faire des free games. Le fait qu’elle était en bois et que les instructions étaient mal traduites du chinois aurait pourtant dû l’inviter à la prudence. Telle une impétueuse gazelle poursuivit par l’avide guépard, Lise Raymond se précipita dans la cuisine.

Ce qu’elle vit la glaça d’effroi.

Non, rien ne brûlait. Mais une lueur rougeâtre émanait littéralement de son broyeur à déchet. Le bruit qui en sortait n’avait rien d’humain : un borborygme comparable au spasme digestif qui suit l’ingestion d’une Méga-bouffe du Colonel. Prenant son courage à deux mains, et incidemment son téléphone cellulaire, elle s’apprêta à composer le 911 lorsqu’une voix lugubre, tout droit sortie des tréfonds de son évier, l’interpella :

« Tu dois dééééméééénaaageeer ! »

La dernière chose qu’elle vit avant de perdre connaissance fut une forme évanescente (adjectif signifiant « qui ressemble vaguement à Evan Joanness ») qui s’approchait d’elle…

II

Lorsque Lise se réveilla le lendemain matin, elle était dans son lit. Il ne lui restait qu’un souvenir confus des événements de la soirée, comme lorsqu’on se réveille d’une brosse monumentale en se rappellant vaguement avoir embrassé fougueusement, soit un beau roux, soit un chien saucisse.

Se convaincant qu’elle avait sans doute rêvé (fallait absolument qu’elle slacke sur le beurre de pinotes avec les pétoncles), elle s’habilla en vitesse et se dirigea vers son bureau, sis au **** St-Hubert, où elle s’emploie avec un talent rare à faire la promotion d’artistes ou d’événements tels que Claire Pelletier, Dan Bigras, Alain Caron, Je vous entends chanter, Zébulon, Gowan, Saison Jazz Montréal, Fred Fortin, Musique Multi-Montréal, etc., c’est pas pour faire de la plogue, mais bon, dans les méandres touffus de ce récit haletant, y faut quand même passer de l’information.

Elle arriva au travail à 9h00. Tout de suite, elle sut que quelque chose n’allait pas. Pierre Tremblay, l’insigne imprésario qui était également son colocataire de bureau, dansait pieds nus en chantant Ani Couni. Pris par surprise, il prétexta qu’il venait de signer Florent Vollant et se réfugia rapidement dans son bureau.

Lise demeura perplexe. Elle se dirigea néanmoins vers son coin de travail lorsqu’un bruit la fit sursauter. Quelqu’un ou quelque chose la suivait… Elle était pourtant certaine d’avoir réussi à semer le recherchiste de CIBL qui l’avait poursuivie de chez elle jusqu’à la rue Ste-Catherine afin d’obtenir une entrevue exclusive avec les French B. Mais il fallait se rendre à l’évidence : une présence épiait sa nuque comme le condor épie la dépouille du lama (ça s’en vient vachement lyrique, trouvez pas ?).

Elle se retourna lentement…

Il n’y avait rien ! Décidément, son imagination lui jouait des tours. Elle soupira d’aise, reprit son chemin et HURLA COMME UNE DÉFONCÉE !

Là, devant elle, se tenait l’apparition de la veille, plus vraie que vraie. Un être blafard, vêtu de loques sanguinolentes, l’air à la fois hébété et menaçant, la regardait avec toute la haine du monde dans les yeux. Voir une telle créature ailleurs qu’à une intersection et sans skweegee la terrorisa pour de bon.

« Tu dois déééééméééénaaaageeer… » dit le monstre en la pointant du doigt (ce qui, on le sait, est tout à fait impoli).

Lise Raymond cria éperdument en en perdant son accent du Lac St-Jean. Elle courut se réfugier dans son bureau, derrière le bocal de son valeureux poisson rouge nommé Menoum. Une autre terrifiante surprise l’attendait…

III

À nouveau, elle fut glacée d’effroi. À côté de son bocal reposait Menoum dans une pose qui n’était pas sans rappeler le Christ au bas de la croix dans le fameux tableau de Tex Lecor. Comme chacun le sait, il est essentiel pour la race poissonneuse de rester dans son élément liquide sous peine de déshydratation sérieuse pouvant entraîner la mort, ou pire, une peau sèche et gercée. Le constat s’imposait donc de lui-même : on avait trucidé la pauvre petite bête. Le lâche ayant perpétré ce traître crime s’était vraisemblablement sauvé. Probablement un propriétaire de Mercedes…

Lise allait verser des larmes amères, mais son attention fut vite reprise par une affaire plus pressant : l’être rencontré plus tôt frappait maintenant à la porte.

« Va-t-en, ô infâme créature ! » cria Lise dans ce français irréprochable que les recherchistes de CBF Bonjour lui connaissent bien.

Pour toute réponse, l’étrange personnage redoubla d’ardeur et se mit à cogner avec la conviction d’un Témoin de Jéhovah qui n’a pas rempli son quota de conversion pour la semaine. Une seule solution s’imposait : faire appel à Mike Tyson.

Pour ceux qui n’auraient pas suivi les tribulations de notre héroïne, sachez que Mike Tyson est ce charmant doberman qu’elle a acheté il y a quelques mois pour protéger son bureau contre le vol, féroce molosse portant une rancune tenace à la race humaine qui lui avait vicieusement sectionné la queue à la naissance pour des raisons bassement esthétiques.

Lise ouvrit la porte de la cave qui donnait sur son bureau et Mike en sortit en trombe, aboyant sauvagement comme Gilles Proulx quand il écoute Howard Stern. Il se précipita sur la porte d’entrée, l’écume à la mâchoire (car il s’était fait surprendre en train de se brosser les dents). Le résultat escompté fut rapidement obtenu : la chose cessa de frapper. Elle se sauvait probablement déjà. Mais il n’était pas question de la laisser filer. En ouvrant la porte, Lise lança le cri de guerre à son redoutable pitou :

« Rapporte la prostate, Mike, rapporte… »

Les bruits d’une bataille épique suivirent. Lise eut un sourire de satisfaction à l’idée de la vasectomie à froid qui était en train de s’opérer. Par pudeur, elle se retourna et eut le choc de sa vie en voyant, à l’intérieur de son bureau, le malfaisant personnage qui se tenait toujours là en la pointa du doigt. Il lui dit, je vous le donne en mille :

« Tu dois déééééméééénaaaageeeer ! »

Puis, comme par magie, il s’évapora, pfffuit ! Un effet bien banal pour qui écoute assidûment Ma Sorcière bien-aimée au Canal D, mais qui, dans la vraie vie, laisse comme un choc, je vous jure.

Les pensées de Lise vacillèrent devant tant d’incongruités. Puis elle réalisa soudain : si l’abject individu venait de disparaître, c’était donc dire que Mike était en train de ligaturer quelqu’un d’autre.

Mais qui ?

IV

Lise se présenta à l’hôpital dès que les heures de visite le permirent. Après avoir traversé l’urgence et trébuché sur un amoncellement d’aînés qui traînaient devant le département des descentes de vessies, elle s’arrêta face à la chambre 3145 et y pénétra, pénétrée elle-même d’un immense sentiment de culpabilité.

Là, sur le lit, reposait dans un piteux état son colocataire de bureau, Pierre Tremblay. Le chien ne l’avait pas raté. Pierre n’était que points de suture. On aurait dit qu’il n’avait pas été traité par un médecin, mais par une membre en règle du Cercle des fermières dans une rage effrénée de courtepointe.

« Comment ça va ? » demanda Lise, se mordant les lèvres d’avoir échappé une question aussi stupide. « Mfvzrmlmzlvn… » répondit le grabataire avec beaucoup d’à-propos. En effet, la couture qui reliait sa mâchoire supérieure à celle d’en bas l’empêchait de prononcer autre chose que des consonnes labiodentales.

Pauvre Pierre. La pensée qu’on avait dû transporter son canal déférent dans la glace pour lui remettre en place à l’hôpital fit frissonner Lise.

« Mfvzrmlmzlvn… » répéta Pierre avec plus de conviction. Lise se rendit compte qu’avec sa main, il pointait quelque chose. En effet, le doberman avait épargné cette partie de son anatomie, et celle-là seul; car, on dira ce qu’on voudra, Mike est un pitou de principes et puisque Pierre lui avait déjà servi une « can » de Docteur Ballard, il avait refusé de mordre la main qui l’avait nourri. Par contre, il s’était méchamment vengé sur le reste.

Lise tourna son regard vers l’endroit que lui indiquait Pierre. Elle remarqua une feuille de papier et un crayon. Avec la présence d’esprit de Mario Tremblay dans ses meilleurs jours de coaching, elle pensa : « Il veut sans doute m’écrire quelque chose. » Elle les lui tendit donc et celui-ci rédigea la lettre qui suit :

Chère Lise,

Ne t’en fais pas pour moi. Dans le fond, je vais bien. Disons que je n’aurais jamais cru que le bruit produit par une testicule qu’on mâchouille est le même que celui du fromage en grains. Dis-toi que je suis la victime de mes propres agissements. Je t’ai longtemps caché quelque chose. Il faut maintenant que tu saches la vérité…

Nos bureaux de la rue St-Hubert ont été construits, comme la plupart des immeubles du Plateau, au début de ce siècle. En prenant possession de l’acte de vente, j’ai remarqué tout de suite un détail incongru, mais je n’y ai accordé à ce moment aucune importance. La vie a continué son cours pendant un bon bout de temps, jusqu’à ce que les apparitions commencent (et je ne parle pas ici des nombreux Félix qui sont apparus dans mon bureau). En effet, Lise, tu n’as pas rêvé. Ce que tu as vu, l’autre jour, était bien réel. C’était UN FANTÔME…

(Ici, Steven Spielberg aurait ajouté un bruit de tonnerre et un gros plan de l’oeil droit effaré de Lise).

Oui, chère amie, j’ai honte de te l’avouer maintenant, mais nos bureaux sis au **** St-Hubert à Montréal, prenez pas ça en note, ça s’ra p’us bon ben vite, nos bureaux, donc, ont été élevés sur le site d’un VIEUX CIMETIÈRE INDIEN. Plus précisément des Mohawks qui cultivaient paisiblement du pot sur les racines de leurs ancêtres. Voilà pourquoi ils insistent pour que nous déménagions. Ils veulent le repos éternel, et c’est pas quand t’écoutes tes CD de Claude Dubois à tue-tête (le dernier single est ben bon) qu’ils vont l’obtenir.

Le matin où ton chien m’a fait la job des Petits Chanteurs du Mont-Royal, j’allais t’annoncer que j’avais pris toutes les dispositions pour que nous déménagions promptement avant que nos âmes ne soient damnées à jamais. Mais le destin en a voulu autrement. De toute façon, voici notre nouvelle adresse qui sera valide à compter du LUNDI, 29 SEPTEMBRE 1997 :

****, rue St-Laurent, Bureau 417
Montréal (Québec)
*** ***

Désolé pour le dérangement. J’ai été puni pour mon omission. Maintenant, tu vas devoir me quitter. Une journaliste d’Elle Québec doit passer me voir bientôt pour un article qu’elle rédige sur la haute couture (ha, ha, ha, haïoille).

Je t’embrasse. Excuse si le fil te chatouille…

Lise, troublée, leva les yeux vers Pierre. Elle sourit pour exprimer qu’elle lui pardonnait et s’en fut.

Il fallait donc qu’elle déménage encore. Eh bien ! soit. Tout ce qu’elle espérait, c’est que ce serait la dernière fois avant longtemps parce qu’elle allait finir par manquer d’idées pour justifier ça dans un communiqué…

FIN

1 septembre 1997   Aucun commentaire

Lise Raymond devient ésotérique

Tel qu’annoncé dans notre précédente missive, Lise Raymond, heureuse propriétaire des Communications qui portent son nom, a finalement déménagé ses bureaux. Elle poursuit son œuvre grandiose sur la rue St-Hubert désormais, et elle désire profiter de la présente pour remercier tous ceux qui l’ont aidée à transporter son équipement de Longueuil à Montréal. Elle ne fait pas référence ici aux Néandertaliens pustuleux qui l’ont « déménagée » il y a quelques mois après être entrés chez elle par effraction mais plutôt à ses amis qui ont affronté la canicule pour lui donner généreusement un coup de main. Merci les boys, et votre pointe de pizza est dans ’ malle.

Mais là n’est pas l’objet de la présente.

En cette fin de siècle, où les gourous n’en finissent plus de suicider les peuples pour les préparer à l’Apocalypse imminent, il faut se méfier et n’accorder qu’une importance relative aux événements qualifiés par les médias d’étranges, bizarres et particuliers. Mais il ne faut pas non plus être aveugle et lorsque le destin se manifeste sous forme de signes troublants, il faut tenter de les interpréter. Ceci étant dit, imaginez-vous donc que le nouveau numéro de téléphone du bureau, c’est le :

596-1717 [note : ce numéro n'est plus celui des Communications Lise Raymond]

Il s’agit d’un numéro banal en apparence. Mais si on creuse un peu, on s’aperçoit que le nombre 96 correspond à l’année de la fondation des Communications Lise Raymond. En poursuivant l’enquête, on constate que le nombre 17 est répété deux fois et on est tout bonnement éberlué d’apprendre qu’il s’agit de la date d’anniversaire de Lise !

Jusqu’à maintenant, avouez qu’autant de coïncidences dans un même numéro de téléphone a de quoi perturber l’esprit le plus cartésien.

Mais ce n’est rien. Le numéro de fax de Lise, c’est le 596-1272 [note : ce numéro n'est plus celui des Communications Lise Raymond]. D’abord, il y a encore le 96, posé là comme la fondation d’un mystérieux édifice numérologique. Puis viennent le 1, le 2, le 7 et le 2, tous des chiffres qui se retrouvent dans son numéro d’assurance sociale ! On se croirait en plein épisode de The X-Files.

Pour les petits Scully qui doutent encore, prenons les chiffres qui composent sa nouvelle adresse : 4281. Additionnons 4 et 2, résultat : 6. Ensuite, 8 et 1, ça donne quoi ? Ça donne 9. 69 !!!

Bon. Avant que les plus pervers d’entre vous se fassent une idée erronée de la valeur symbolique de ce nombre, il faut préciser qu’il n’y a qu’à l’inverser pour y retrouver encore une fois le plus-que-persistant 96 !

Personnellement, j’en ai des frissons dans le dos.

Pour terminer cette démonstration, lisons son code postal : H2J 2W6 [note : ce code n'est plus celui des Communications Lise Raymond]. Puisque certains affirment qu’on peut faire dire n’importe quoi aux chiffres, prenons les lettres cette fois-ci : H, J et W. Si on additionne leur valeur respective au Scrabble™ (H : 4, J : 8, et W : 10), on obtient le nombre 22, nombre indubitablement divisible par 2, ce qui donne 11, et 11 en langage binaire, ça équivaut au chiffre 3, le nombre parfait, celui de la Sainte-Trinité. Alléluia ! et si ce n’est pas là le cautionnement divin des Communications Lise Raymond, je veux bien brûler en enfer, parce qu’anyway, ça doit être pas mal moins collant qu’à Montréal au début juillet…

Enfin… Tout ça pour dire qu’avec tous les petits trucs mnémotechniques que vous venez d’apprendre, vous devriez être en mesure de vous souvenir de tous ces numéros : numéros qui, soit dit en passant, peuvent faire la différence, pour vos artistes, entre une reconnaissance sympathique des médias de Boucherville à leur égard et un succès de masse à l’échelle planétaire. (On exagère un peu, mais bon, McDonald’s affirme dans ses publicités que ses hamburgers se mangent…)

Les Communications Lise Raymond vous souhaitent donc un bel été et en profitent pour vous rappeler que du 14 au 21 juillet 1997, si vous frappez constamment le répondeur, c’est parce que les bureaux sont fermés pour cause de vacances. Mais n’ayez crainte, les vilains filous qui imaginent pouvoir profiter de cette période pour entrer illégalement chez Lise afin de la dévaliser vilement auront une surprise de taille : en plus du charmant Jeffrey Dahmer, doberman de profession qui est nourri avec de la salade et des biscottes en prévision de ce moment depuis le 5 janvier 1997, Lise vient de faire l’Acquisition d’un rottweiler encore plus féroce qu’elle n’a eu d’autres choix que de baptiser Mike Tyson.

Voleurs, vos parties ne perdent rien pour attendre…

2 juillet 1997   Aucun commentaire