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Lise Raymond déclare : « Je ne suis qu’une chanson et ce n’est pas La Danse des canards… »

Lise Raymond est pratiquement née avec la chanson québécoise moderne. Comme en fait foi le condensé de sa biographie que nous publions ici (l’oeuvre intégrale paraîtra bientôt aux Éditions de l’Homme), son histoire est jalonnée d’événements qui soulignent sans ambiguïté les liens profonds qui l’unissent à la musique d’ici.

Lise apparaît sur cette terre en 1958 et déjà, à sa naissance, elle pousse des cris qui préfigurent certains des moments les plus emballants de la carrière de Diane Dufresne. À l’âge de 7 ans, elle est une fan passionnée des Baronnets. Son scrap-book de photos de René Angelil est plus gros à ce moment que celui de Céline Dion aujourd’hui. À 10 ans, elle tombe évanouie en apercevant Tony Roman dans la rue. Depuis ce jour, elle porte un bracelet Medic-Alert qui signale qu’elle est une groupie invétérée.

Les glorieuses années 70 se pointent et Lise Raymond est au rendez-vous. Elle est une des dix premières à acheter l’album éponyme d’Harmonium, et probablement la seule à avoir fumé la pochette. Dès 1976, elle arbore fièrement la coiffure de Gerry Boulet. À partir de ce moment, elle campe sur le Mont-Royal à toutes les St-Jean et s’abreuve avec passion des mots et des notes de nos bardes nationaux (et de bière, question d’avoir la même haleine que tout le monde).

La déprime post-référendaire des années 80 la frappe de plein fouet. Elle renie un temps ses racines en s’inscrivant à l’université en musique. Bach a pris la place de Beau Dommage, le clavecin, celle du mellotron de Fiori. Elle en sortira somme toute grandie, avec, dans ses poches, une expérience musicale inégalée, et un u*#e2! de clavecin à déménager à tous les mois de juillet.

Mais sa passion pour la chanson québécoise n’a finalement rien perdu de sa vigueur. Nous sommes en 85 et elle suit avec avidité les expériences techno-pop d’un Daniel Lavoie, la renaissance d’un Richard Séguin, et les Poteau-thon d’un Gérard Vermette. Dès cet époque, Lise a déjà commencé à travailler dans le domaine où elle œuvre encore de nos jours, un parcours qui la mènera pour les onze années à venir de Gamma à BMG Musique Québec, en passant par Trebas, Polygram, Audiogram et Warner.

Entre temps, son sentiment d’identification à la chanson d’ici ne se relâche pas : lors de la parution du premier album de Mitsou, elle se met à porter des jupes courtes et une affriolante push-up bra. Lorsque Marie Carmen crée la commotion que l’on sait, on voit régulièrement Lise s’habiller en noir et pleurer sans raison apparente. Inutile de dire ce qui se passe lorsque Kathleen fait un hit.

Le plus beau là-dedans, c’est qu’elle se met à collaborer activement au succès des nouveaux artisans de la chanson québécoise. Les Colocs, pour ne nommer que les plus populaires, lui en doivent une puisque Lise décide à la dernière minute de ne pas jouer de clavecin sur l’album. Qui sait l’influence déterminante que cette décision a pu avoir sur leur carrière ?

En 1996, consécration d’une longue vie de dévouement à la cause de la musique d’ici, elle participe au projet Si chacun, la chanson pour venir en aide aux sinistrés du Saguenay. À cette occasion, elle réunit plus de 120 artistes. Les résultats de ce travail immense se résument en deux points : (1) elle connaît maintenant le bottin de l’UDA par coeur et (2) elle est probablement une des seules personne, avec Jean-Marc Chaput, à pouvoir dire « tu » à la majorité des chanteurs et chanteuses du Québec.

Le réel couronnement de tout ça serait bien sûr d’être associée au projet Je vous entends chanter. Nous attendons d’ailleurs la confirmation avant de mettre un point final à la biographie dont il est question dans l’introduction. Mais là n’est pas le propos (surtout que nous ne voudrions pas avoir l’air de faire du lobbying excessif) : il faut simplement savoir que Lise Raymond ferait un ravage à un Tous pour un sur la chanson québécoise, si la dite émission existait encore.

Voilà, merci.

26 janvier 1997   Aucun commentaire