Le blogue d’une relationniste de presse
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Catégorie — — 1999 —

Lise Raymond vous ouvre les yeux

AMOUR [amur] n. m. (Amur, 842; amour, XIIe, sous l’infl. du prov.; lat. amor ) Inclination envers une personne, le plus souvent à caractère passionnel, fondée sur l’instinct sexuel, mais entraînant des comportements variés.

On a beau dire, quand il s’agit de l’amour, M. Robert sait de quoi il parle. Faut dire que quand il s’agit d’ytterbine — [itErbin] n. f. (1879; de Ytterbium) Chim. Oxyde d’ytterbium (Yb2O3) — il ne donne pas sa place non plus. Par contre, il n’est pas le seul à connaître le sujet cupidonesque. Lise Raymond, en plus de diriger l’entreprise de communication qui porte son nom, étudie la question depuis des années. Forte de son célibat pleinement assumé, elle analyse les couples, dissecte leurs moeurs, et prépare un topo sur eux pour l’émission National Geographic.

Bien sûr, le 14 février approche à grand pas. Les dames attendent souvent ce moment de l’année pour vérifier l’état de leur couple. L’équation simpliste qui est faite à ce moment ressemble à peu près à ceci : si mon conjoint m’emmène souper au Ritz, m’offre une bague à diamant, et que nous terminons la soirée en limousine sur le Mont-Royal où nous faisons l’amour pendant 3 heures, il m’aime; s’il me propose une petite vite au motel Diplomate, il ne m’aime plus. Pourtant la vérité est plus complexe.

Mesdames, vous vous demandez s’il vous adore encore ? Si la magie s’est estompée ? Prenez un moment pour répondre à ce petit test. Cochez la case lorsque vous croyez reconnaître votre douce moitié :

[ ]    Lorsqu’il vous accompagne à la piscine, il porte un Speedo brun 4 points trop petit.

[ ]    Il a fait laminer la page du calendrier du dernier mois où vous avez fait l’amour et lance des dards dessus.

[ ]    Il relève le bol de toilette quand il va à la selle.

[ ]    Au lit, non seulement il se trompe de prénom, mais il ajoute un numéro de téléphone après.

[ ]    Il vous achète des fleurs qui peuvent être servies en salade par la suite.

[ ]    Quand vous lui proposez un massage, il demande si vous faites le spécial à 40 piasses.

[ ]    Ses cartons d’allumettes sont tous déchirés en deux et les autres parties sont introuvables.

[ ]    Pour lui, l’expression « danse contemporaine » veut dire : « aller aux danseuses aujourd’hui ».

[ ]    Vos cartes de Saint-Valentin se ressemblent étrangement d’une année à l’autre et il y a de plus en plus de Liquid Paper dessus.

[ ]    Votre petit surnom amoureux, qui était celui d’un charmant félin, a désormais une connotation vaguement agricole.

[ ]    Il ne reste plus de place entre les deux matelas de votre lit pour ajouter une seule revue.

Si vous avez coché une seule de ces cases, ne vous laissez pas berner dimanche par un fallacieux valentin. Appelez la SPCA pour qu’elle vienne chercher le monsieur. Sinon, réjouissez-vous ! Vous avez trouvé le conjoint parfait, ou un gay qui s’ignore. Mais d’une manière ou d’une autre, ayez une pensée pour les pauvres célibataires qui passeront cette fête seules avec un film de Brad Pitt…

Vos dons en chocolat sont acceptés.

P.-S. pour ceux qui recevront un duo-tang.

P.-P.-S. Vous aurez remarqué qu’un duo-tang rouge accompagne cet envoi. C’est un petit cadeau de Saint-Valentin de la part de Lise Raymond. Il s’agit d’un espace de rangement pour les communiqués qu’elle vous envoie amoureusement tous les mois. Vous pouvez toujours lui trouver une autre utilisation. Mais ne prenez pas les petites pattes de métal pour vous curer les dents, c’est pas propre.

Elle vous embrasse… XXX

11 février 1999   Aucun commentaire

Lise Raymond tient à respecter sa parole

Depuis le premier janvier, Lise Raymond cogite, soupèse, analyse. Échaudée par la réaction plutôt glaciale de son comité de rédaction au message de sa carte de Noël*, la PDG des COMMUNICATIONS LISE RAYMOND™ a décidé d’y penser deux fois avant de divulguer ses résolutions du nouvel an. On a beau travaillé dans le domaine des relations publiques, se faire accuser de superficialité, ça fait mal.

Lise s’est donc dit (dans son accent pseudo-saguenéen) : « Fi des mots sans poids ni consistance ! Tant qu’à prendre une résolution, autant en prendre une que je saurai tenir lâ, lâ. » Plus simple à dire qu’à faire. Depuis le premier janvier, elle cogite, soupèse et analyse. Y a pas grand chose qui résiste à l’enquête…

D’abord, le classique des classiques : arrêter de fumer. Irréaliste. Lise s’épilerait le corps au complet avec des patchs avant d’y arriver. De toute façon, décider d’arrêter de fumer le premier janvier, c’est comme décider d’arrêter de roter le 24 juin : intenable. Next.

Maigrir. Excellente résolution. Après avoir été gavé de gras saturé pendant 2 semaines, on en a tous un peu à perdre. Mais qui tient ça ? C’est beaucoup moins compliqué de dévisser la balance, de décaler l’aiguille de 20 livres et de montrer fièrement le résultat à la visite. Non ! Montignac a beau dire, c’est pas parce que tu mets du fructose dans tes All Brans que tu vas ressembler à Ally McBeal. Irréalisable. Out.

Dans la même catégorie, mais formulée différemment : faire attention à ce que je mange. Trop vague. Ça peut vouloir dire de suivre les recommandations du guide alimentaire canadien. Mais ça peut également vouloir dire de parler gentiment à sa poutine avant de s’en goinfrer. Imprécis. Suivant.

Faire de l’exercice. Un autre classique. Généralement, ça veut dire se faire venir le Abs Roller et abandonner après être monté à 180 battements/minute juste en allant le chercher au bureau de poste. Pas bon. Bye bye.

Se trouver un chum. Ben oui… Comme si ça se vendait à l’épicerie : « As-tu vu ? Cette semaine, les bruns intelligents sont en spécial… » On ne peut pas prendre la résolution de trouver un chum : c’est comme décider de gagner à la 6/49. L’amour est tributaire du hasard. Et le hasard ne se commande pas. N’importe quelle fille en chaise roulante qui travaille aux bouliers de Loto-Québec vous le dira. Niet. On oublie ça.

Prendre soin de moi, comme dans l’expression : « Cette année, je prends soin de moi. » D’abord, ça veut dire quoi ? S’acheter un kit d’infirmière et se donner un lavement baryté ? On prend toujours soin de soi ! Y a personne qui traverse au feu rouge sur Notre-Dame en se disant : « Ah pis merde ! Chu tanné de faire attention… » C’est vide et superfétatoire. Exit.

Que reste-t-il ? Pas grand chose. Conclusion : la seule résolution réaliste que Lise Raymond peut prendre est la suivante : s’engager à vous envoyer au moins un communiqué par mois.

Le comité de rédaction se réjouit des implications spirituelles et financières d’une telle décision.

* Voir le communiqué intitulé Lise Raymond déçoit (ou Les Bijoux de la Castafiore, c’est au goût).

12 janvier 1999   Aucun commentaire