Catégorie — — 1998 —
Lise Raymond déçoit
Puissent la paix et la joie de Noël être avec vous durant toute la Nouvelle Année.
Quel beau message ! C’est celui qui est inscrit dans la carte de Noël que je songeais à envoyer à mes parents, puisque la coutume veut qu’à chaque année, on en poste une au gens qu’on aime, qu’on connaît, ou dont l’adresse s’est égarée par erreur sur notre mailing list. Mais voilà, j’allais lécher l’enveloppe, la langue prête à affronter le goût âpre de la colle — curieux, à l’ère des jus aux 46 saveurs et des chandelles aromatisées, que personne n’ait songé à mettre sur le marché des enveloppes au bon goût de fraises, mandarine et fruits de la passion — j’allais lécher l’enveloppe, donc, quand un doute m’a assailli. Est-ce que le contenu de la carte reflète réellement ce que je veux dire ?
Le problème, c’est le caractère trop général du vœu. Il s’adresse à qui ? Pas clair… Et ce faisant, il prend le risque de l’inexactitude. Imaginons par exemple que la personne à qui nous avons fait parvenir la carte n’éprouve pas du tout de « paix », ni de « joie » lors de la fête de Noël : elle digère mal la dinde, la tourtière et les 10 livres de sucre à la crème qu’elle a avalés le soir du réveillon; elle reçoit en cadeau des coupons-rabais pour les Weight Watchers et, après avoir passé la soirée à marcher en gougounes en Phentex sur le tapis, elle s’électrocute en embrassant quelqu’un qui porte des broches. Eh bien ! si nous lui envoyons la carte en question, nous lui souhaitons qu’elle vive l’équivalent de cette soirée tout le reste de l’année ! Pas très délicat, convenons-en.
La formulation n’a rien de très impressionnant non plus : « Puissent la paix et la joie de Noël être avec vous durant toute la Nouvelle Année ». Ça fait vieillot, ça fait désuet. Hého ! on est en 1998. À l’ère d’internet, de M+ et du Canal Indigo ! Tous les jeunes en skateboard le savent : utiliser le subjonctif dans la principale, c’est out depuis Jean XXIII. Cherchez-le, le site www.puissent.ca, pour voir…
Cette carte a été sans aucun doute écrite par un employé de Hallmark habitué à produire ce genre de vœu en série, n’y mettant ni cœur, ni âme, un artiste déchu ayant perdu ses illusions, produisant clichés par-dessus clichés pendant que les vers lointains de sa jeunesse moisissent dans le fond d’un tiroir. Si ce n’est pas triste d’avoir vendu ainsi son âme au corporatisme ambiant…
C’est pourquoi le comité de rédaction a refusé d’entériner le choix de carte de Lise Raymond. Nous avons préféré vous faire parvenir cette petite communication qui, nous l’espérons, suscitera une réflexion salutaire sur le sens et la portée des mots dans le temps des fêtes.
Content de servir encore une fois une cause noble et chevaleresque,
Le comité de rédaction des Communications Lise Raymond
P.-S. : En passant, je vous souhaite la paix et la joie de Noël durant toute la Nouvelle Année.
15 décembre 1998 Aucun commentaire
Lise Raymond révèle un autre troublant hasard (qui n’en est sans doute pas vraiment un)
Les événements qui jalonnent notre vie sont, selon plusieurs, l’expression même du hasard. Pour eux, tout est fortuit, rien n’a été préparé à l’avance, tout se joue dans l’instant. Pourtant, Einstein lui-même l’a dit : « Dieu ne joue pas aux dés. » Il a aussi dit : « Faut que j’me rase la moustache parce que la sauce hot chicken reste pognée dedans », mais heureusement, l’Histoire se charge de tamiser les citations.
Autant se faire à l’idée : rien n’arrive pour rien. L’auteur de La Prophétie des Andes à un compte en banque ça de gros pour le prouver. Prenons un exemple parmi tant d’autres qui vient tout juste d’arriver, je vous le jure…
Tout le monde connaît — ou devrait connaître — la sémillante LISE RAYMOND, une attachée de presse qui ne compte plus ses nominations à l’ADISQ (précisément 2). Eh bien la vie de cette fille est remplie d’hallucinantes coïncidences. Preuve en est qu’elle vient tout juste d’engager une assistante et que celle-ci s’appelle Sofie. Rien de spécial jusque-là, mais il faut savoir que son nom complet est Sofie… Raymond !!!
(« In » musique de Twilight Zone.)
Le plus inquiétant, c’est qu’elles n’ont aucun lien de parenté ensemble, à part peut-être un oncle extrêmement éloigné qui a vécu au 17e siècle, mais qu’elles ne reconnaîtraient même pas si elles le croisaient dans la rue. Quand on y pense, les probabilités pour qu’un événement semblable survienne sont infinitésimales. Il y a très précisément 153 Raymond dans le bottin à Montréal sur une population de 1 500 000, ça donne une chance sur 10 000 pour que la situation se produise.
(« In » musique de Psycho.)
Le hasard est donc bien troublant… Et il l’est d’autant plus lorsqu’on sait que la couleur de cheveux de Sofie, c’est le bleu, et que le signe astrologique de Lise, c’est le scorpion, et que la pierre de naissance des scorpions, c’est la topaze, et que la topaze, elle est jaune, et que jaune + bleu ça donne vert, et que vert, ben c’est la couleur de la nature, donc de l’harmonie transcendantale des choses… Devant l’aléatoire qui prend soudain une forme si cohérente, on est tenté de dire comme Jim Zellers : « Woooo, man, donne-moi-z-en une autre puff… »
Alors si vous appelez au Communications Lise Raymond, ne vous avisez plus de demander simplement : « Madame Raymond, s’il vous plaît… » Non seulement le risque de confusion sera énorme, mais de plus, vous soulèverez sans le vouloir un pan du voile derrière lequel se cachent des mystères qu’il vaut mieux parfois ne pas révéler. Demandez désormais Lise ou Sofie… en vous assurant de bien prononcer le « f » à la place du « ph ».
Merci…
(« In » musique de L’Île de Gilligan.)
28 septembre 1998 Aucun commentaire
Lise Raymond est assez occupée merci
La logique humaine a parfois de puissante ratée. La question est la suivante : pourquoi prend-t-on congé le jour de la Fête du Travail ? Pourquoi se dire : « Ouhaou ! C’est tellement l’fun le travail qu’a’ matin, je reste à la maison ? » C’est comme si on attendait l’anniversaire de quelqu’un pour se sauver de lui avec les talons qui nous pètent dans le cul. La réponse est nette : nous n’aimons pas le travail.
L’être humain a été conçu pour se laisser pousser une bédaine aux dimensions suffisamment imposantes pour que le nombril puisse servir de sous-verre à un pina colada. L’être humain est une machine créée comme réserve alimentaire pour le gêne mutant du cancer de la peau, ce qui nous pousse instinctivement vers tout ce qui est ensoleillé et tropical plutôt que vers l’abri d’un bureau protecteur. Si Dieu a fait l’Homme à Son image, je l’imagine en moto-marine au Bahamas. Et si l’image du vénérable barbu est exacte, tout porte à croire que Dieu doit ressembler vaguement à un Jean-Marc Parent bleaché.
Non. Y a jamais personne qui a organisé un surprise-party au travail. Personne pour rentrer au bureau le premier lundi de septembre, ouvrir les lumières tout d’un coup et crier : « SURPRISE ! Chu pas censé travailler mais chu là quand même ! » Pourquoi ? Parce que, répétons-le, les êtres humains éprouvent une aversion naturelle envers l’effort rémunéré. Tous les êtres humains ? Non. Un bureau peuplé d’une irréductible fonceuse résiste encore et toujours à l’envie folle du chalet dans le Nord.
Il s’agit bien sûr de notre héroïne nationale, la bien-nommée Lise Raymond. Lise s’est tellement ennuyée du travail pendant ses vacances qu’elle a décidé de crouler sous les contrats à son retour. Voici une liste exhaustive des événements qu’elle organise / promeut / parle de / gagne sa vie avec :
• spectacles des Colocs au Corona, du 3 au 7 novembre 1998;
• spectacles de France D’Amour les 15, 16 et 17 octobre 1998au Cabaret;
• spectacles de Claire Pelletier au Studio théâtre du Maurier, les 8, 9 et 10 octobre 1998;
• spectacle d’Oukoumé le 25 septembre 1998 au Spectrum;
• les 15, 18 et 19 septembre 1998, spectacle de Pierre Calvé au Studio Théâtre du Maurier;
• spectacles pour enfants de Danielle Martineau intitulé Accordélidon, ainsi que sa présence à Coup de coeur francophone;
• sortie de l’album Pour Toujours de Philippe Lafontaine, promo du 4 au 9 octobre 1998;
• sortie en octobre de l’album pour enfant Bruitzarre de Christian Merveille et spectacle dans le cadre de Coup de Coeur francophone;
• parlant de Coup de coeur francophone : conférence de presse pour le dévoilement de la programmation dudit événement le 30 septembre 1998;
• sortie de l’album de Loue Tremblay, Les Moulins de mon coeur, le 7 octobre 1998;
• sortie de l’album H20 de la jeune soprano de l’atelier lyrique de l’Opéra de Montréal, Geneviève Charest (date à confirmer);
• sortie de l’album de Christian Corneau à la fin d’octobre ou au début de novembre;
• spectacle de Jeszcze Raz le 5 décembre 1998 au Club Soda;
• et finalement, relation de presse pour Les Frères à ch’val (dont il faut surveiller le dernier clip, en passant) jusqu’à Noël !
Alors allez-y… Prenez votre fin de semaine de 3 jours. Coulez-vous-la douce. Pendant ce temps, il y aura quelqu’un dans un obscur bureau de la rue Saint-Laurent qui célébrera la Fête du Travail comme elle aurait toujours dû être célébrée : dans la sueur, la besogne et l’attente passionnée du burn-out salvateur !
2 septembre 1998 1 commentaire
Lise Raymond est brûlée (mais ne la cherchez pas à Ste-Justine)
Après plusieurs mois de labeur intensif qui ont permis à Lise Raymond de décrocher 2 DISQUES D’OR pour Okoumé et les Colocs, l’inévitable ne pouvait que se produire. La meilleure relationniste de presse du monde occidental — ce qui inclus les Territoires du Nord-Ouest — en est arrivée à un état d’essoufflement qui frise le burn-out. Elle a la langue à terre, et on dira ce qu’on voudra, mais à terre, c’est pas propre, propre. Dieu seul sait quelle maladie elle peut attraper de cette façon-là…
L’heure est donc venue de décrocher. Elle disparaîtra JEUDI, LE 23 JUILLET 1998 À MIDI et ne reviendra au bureau que LUNDI, LE 3 AOÛT 1998. Puisque le dollar canadien poursuit sa chute qui le mènera bientôt à avoir la même valeur que son équivalent en chocolat vendu dans les dépanneurs, Lise a décidé cet été de prendre ses vacances au Québec. Voici les destinations qu’elle a choisies et ce qu’elle compte y visiter :
LE 24 JUILLET 1998, Lise sera à Québec. Après s’être régalée de la musique du groupe péruvien qui joue tout le temps dans le vieux — en passant, y a-t-il des violoneux sur le bord du lac Titicaca ? — elle se dirigera vers le Capitol pour aller voir le désormais classique Elvis Story. Il est possible qu’elle perde connaissance, ça arrive quand son soutien-gorge est trop serré.
LE 25 JUILLET 1998, Lise sera dans la belle région de Charlevoix. Elle en profitera bien sûr pour aller voir les baleines à Tadoussac. Charmée par leur chant, elle leur proposera sans doute de faire leur pistage radio.
LE 26 JUILLET 1998, c’est au tour de la Côte-Nord. Au Havre-St-Pierre, Lise ira voir les fameux monolithes sculptés par le vent et la mer qui ont fait la réputation de la région. Obnubilée par ces fascinantes constructions, elle s’apercevra que la nature exécute des œuvres d’art au moins aussi probantes que celles de nombreux artistes du Plateau Mont-Royal. Et ce, sans subvention.
LE 27 JUILLET 1998, la sémillante Lise prendra l’avion pour aller sur l’Ile d’Anticosti. Là, elle compte adopter un chevreuil mâle aux bois fournis. Ça peut servir de vestiaire à la table de presse.
LE 28 JUILLET 1998, Lise reviendra à Baie-Comeau pour prendre le traversier jusqu’à Matane. Pendant la traversée de 2 heures, Lise prévoit chanter dans sa tête le thème de Love Boat et essayer de spotter un cousin pas trop éloigné de Kevin Parent.
LE 29 JUILLET 1998, Mlle Raymond ira en Gaspésie. Elle admirera sans doute le classique rocher Percé. Icône québécois et surprenante allégorie de nos finances publiques.
LE 30 JUILLET 1998, retour vers le Bas-du-Fleuve jusqu’à Trois-Pistoles. Lise visitera la maison de Victor-Lévy Beaulieu en espérant ne pas le surprendre dans sa douche.
Le 31 JUILLET 1998, arrêt à St-Jean-Port-Joli pour acheter une gogosse en bois. Si c’est trop cher, elle s’achètera un bout de bois pour s’en gosser une elle-même.
LE 1er AOÛT 1998, Lise pèsera sur la suce pour se rendre jusqu’au Lac St-Jean en passant par Québec. Elle compte ramasser des bleuets, ce qui peut avoir deux significations :
(1) récolter de petits fruits bleus, ou
(2) aider à se relever les habitants de la région saouls morts.
LE 2 AOÛT 1998, retour en faisant un petit croche par Shawinigan. Visite éclair au centre de traitement des rapports d’impôt. Tentative de vol de dossiers compromettants.
LE 3 AOUT 1998 à 9 heures du matin, retour au bureau. Nullement reposée, Lise tombera dans la face du premier directeur musical de radio qui refusera de diffuser son prochain single. Vous êtes prévenus…
À bientôt…
21 juillet 1998 Aucun commentaire
Lise Raymond fait ses prières
I
Au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, c’est le carême. Cette période de l’année, où Notre Seigneur a été insidieusement tenté par le démon, nous interpelle tous. C’est un temps propice au recueillement, au jeûne, et surtout au magasinage des gougounes confortables qui nous accompagneront tout l’été durant.
Les COMMUNICATIONS LISE RAYMOND profitent de l’occasion pour vous soumettre quatre prières, une par semaine, d’ici Pâques afin de nourrir votre communion profonde avec le Christ. Bon recueillement…
PRIÈRE VISANT À NOUS PRÉSERVER DE LA LUXURE, DU STUPRE ET DE LA FORNICATION
En ce temps maudit où le diable essaie
D’apprendre à Jésus à quoi sert un poignet
Donne-nous, ô Toi qui es au ciel
La pudeur de notre très Sainte Sœur Angèle
La force de résister aux tentations
Pour ne pas que, comme Bill Clin(ne)ton
On s’garroche sur tout ce qui pendasse
De l’abdomen de la féminine race
Préserve-nous de subir l’outrage
De s’faire pogner tout nu au bar l’Orage
Et surtout Dieu Saint, Père du Christ
Montre-nous l’infamie des danses à dix
Où dans l’ombre malsaine de l’isoloir
Les curés touchent ce qu’ils ne devraient même pas voir
Ainsi que l’horreur des bars de gogo-boys
Où on se rase le zwizwi et s’enduit de Lestoil
AMÈGNE !
II
C’est le carême. Les COMMUNICATIONS LISE RAYMOND vous le rappellent encore, car, inutile de le cacher, on vous a vus la semaine passée en train de prendre une bière, ce qui est une profonde insulte pour notre Seigneur qui, pendant ce temps-là, se déshydrate dans le désert et cherche désespérément un Provi-Soir, quek’ chose… Enfin, expurgez votre péché en récitant ceci :
PRIÈRE POUR NOUS PRÉSERVER DES PARADIS ARTIFICIELS
Seigneur, je suis une brebis égarée
Brebis je suis, car j’adore téter
Au goulot désirable de la dive bouteille
Pis si y a pas d’vin, une draft ferait pareil
Je voudrais prendre une Black sans tomber à quat’ pattes
Sauf que si j’en bois une, je vide la 24
La balloune est ma perte, je le sais, je le sens
Je veux partir sur elle, mais pas souffler dedans
Je voudrais revenir dans le droit chemin
Mais c’est pas évident après quinze verres de vin
Seigneur, prends pitié, fais de moi un homme
Pis faut qu’j'te dise en passant que toé, hic ! t’es mon chum
Seigneur Dieu, tu es Saint, je suis à ta merci
Tu fais grandir ma foi, mais mon foie est fini
Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite
Tu peux-tu jusse attendre que je r’vienne des toilettes
AMEN (z-en deux autres pis mets ça sur mon bill !)
III
Après vous avoir proposé depuis deux semaines des prières illuminatrices qui auront sans nul doute élevé votre âme (et votre facture de papier à fax), LISE RAYMOND décide aujourd’hui d’assurer sa propre rédemption. Bienvenue dans la spiritualité d’une des femmes les plus pieuses depuis Annie Sprinkle…
PRIÈRE DE LISE RAYMOND
Seigneur, Mon Dieu, je suis pécheresse
Je m’appelle Lise et fais de la relation de presse
Il m’arrive parfois de me péter les bretelles
Mais je n’suis, après tout, que téteuse professionnelle
Seigneur, je vous en prie, ayez pitié
J’ai quelques petites choses à vous demander :
Faites, Mon Dieu, qu’à tous mes lancements
La place soit pleine comme par enchantement
Que les gens des médias s’y garrochent aussitôt
Comme les mannes au printemps dans ma vitre d’auto
Ou : Que les gens des médias s’y agglutinent
Comme des poils de poche dans la Vaseline (!)
Que mon mur s’emplisse de disques de platine
À la vitesse que ça prend pour digérer des bines
Que journalistes et recherchistes m’adulent plus qu’il ne faut
Qu’ils soient même prêts à payer pour un CD promo
Faites que les artistes que je représente m’obéissent
Et acceptent avec joie l’entrevue durement arrachée au Allo-Police
Et faites, Seigneur, qu’il soit possible d’appeler
Un musicien avant midi sans le réveiller
Mais surtout…
Je ne veux pas me retrouver comme un seul homme
Dans l’enfer des relationnistes de presse
À essayer de paqueter le Centre Molson
pour Evan Joanness…
ÉÉÉÉÉÉMEN !
IV
En fin de semaine, c’est Pâques. C’est la fête de Jésus qui ressuscite. Pas étonnant : avec la quantité de chocolat qu’on mange cette journée-là, le rush de sucre ferait lever n’importe qui. Pour ceux qui ignoreraient ce qu’on célèbre en ce jour glorieux — à part l’utilité du bracelet Medic-Alert — LES COMMUNICATIONS LISE RAYMOND vous proposent un petit résumé poétique de la Semaine Sainte. Inch’ Allah…
LA SEMAINE SAINTE
Le Christ savait que le jour était arrivé
Il invita donc ses chers apôtres à souper
Chacun savait qu’il s’agissait du dernier repas
Quand t’es reçu avec du pain, c’est clair que c’est ça
Les disciples écoutèrent Jésus les larmes aux yeux
Pas pour ce qu’il disait, mais parce que ça sentait le torrieux
Jésus remarqua et sa voix s’éleva au-dessus du simoun :
« Déchaussez-vous que j’mette de la poudre pour bébé dans vos gougounes »
(J’aimerais qu’on applaudisse ici le fait que je sois parvenu à trouver quelque chose de savant qui rime avec gougounes. Merci.)
Le Seigneur savait qu’il allait bientôt mourir
Son horoscope du matin ne pouvait lui mentir
Judas l’avait vendu pour à peine trente deniers
Mais il se pendit parce que l’impôt en grugeait la moitié
Le Fils de Dieu fut mené à son procès
On le jugea le jour même — la cour n’est plus c’qu’elle était !
Avant le chant du coq, Pierre le renia trois fois
Avec des chums de même, t’es dans la schnoutte jusque-là
Les Romains se moquèrent du pauvre Jésus
Lui firent boire du vinaigre et crachèrent dessus
L’ornèrent d’une couronne et d’un ridicule sceptre
Jésus se dit : « J’vas-tu mourir ou rentrer au CEGEP ? »
Ils le clouèrent cruellement sur une planche
C’est plate pas pouvoir se gratter quand ça te démange
Il mourut, mais trois jours plus tard il ressuscita
L’haleine du matin qu’il avait, j’vous dis pas
C’est pourquoi les Chrétiens adorent maintenant la Croix
Mais parfois je me demande si c’est sain tout cela
Une chance que Jésus n’est pas mort empalé
Sinon Dieu seul sait ce qu’on aurait adoré…
19 mars 1998 Aucun commentaire
Lise Raymond est sans cœur
Le Québec a vécu, en ce début d’année, un événement tragique. La crise du verglas — cette « catastrophe sans nom » comme l’a dit Bernard Derome après sa seizième tasse de café — a fait plus qu’attrister infiniment Pierre Bourque qui, comme Idéfix, pleure quand il voit un arbre blessé, elle a touché plusieurs ménages, bouleversé le quotidien de plus d’un million de familles et nous a infligé, soir après soir, la vision du turtle neck d’André Caillé.
Il y a eu, lors de cette crise, des gens qui se sont méchamment moqué de leurs concitoyens, soit en leur vendant des chandelles à 12 dollars l’unité, soit en appelant à la radio pour entendre « Flash tes lumières » en demande spéciale. Mais certains ont poussé la perfidie à un degré jusque-là rarement atteint dans l’histoire humaine. Une, entre autres, mérite plus que tout autre d’être dénoncée…
Il s’agit de Lise Raymond.
Lise Raymond, des Communications Lise Raymond, a fait des choses dont même Saddam Hussein en SPM aurait été incapable. Nous avons appris que dans un réflexe d’un égoïsme incommensurable, elle a ressortit sa vieille brosse à dents électrique Snoopy et, après avoir mangé un plein sac de pop-corn Orville Machin, elle se les est brossées pendant une bonne heure, tout ça en pleine heure de pointe au plus fort de la crise, juste au moment où Lucien a dit qu’on avait frôlé la catastrophe.
Et ce n’est pas tout : lorsque les usines d’épuration d’eau ont fait défaut, obligeant la population à la faire bouillir 5 minutes avant de prendre son bain, quelqu’un l’a vu remplir son abreuvoir de Labrador d’eau du robinet et en offrir, comme ça, effrontément, à tous les courriers essoufflés qui arrivaient dans son bureau.
On l’a vu, en vrac, pitcher des mottes de neige aux monteurs de lignes, faire des « weegies » aux militaires, mettre du sucre à la place du sel dans son entrée et prendre ensuite des photos du facteur qui pointait le mât du stade avec son gros orteil gauche, éternuer dans un tas de copeaux patiemment écorchés par des bénévoles qui ne lui avaient rien fait, et pelleter la neige de son toit sur celui du voisin.
C’est pourquoi, nous — nous, c’est-à-dire le département de rédaction de communiqués des Communications Lise Raymond —, nous, donc, avons décidé de la boycotter, de ne plus jamais mentionner qu’il s’agit de la meilleure attachée de presse à Montréal, que les artistes avec qui elle travaille (en nommer quelques-uns ici) ont beaucoup de succès, se font maintenant appeler Monsieur ou Madame et ont leur table réservée à l’Express, qu’elle vient de fonder une étiquette de disques consacrée à la musique du monde qui s’appelle BOMBYX avec Pierre Tremblay des Disques Doubles et que sa nouvelle adresse e-mail s’écrit comme suit : clraymond@*********.ca.
Non mais des fois, ça fera !
12 février 1998 Aucun commentaire
