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Lise Raymond perce le mystère de Noël

Noël arrive. Vous l’avez sûrement remarqué puisque les magasins le proclament au néon depuis le jour suivant l’Halloween, avides qu’ils sont de nous voir surconsommer à chaque fête légale. Avec Noël, nous assistons au retour d’un tas de traditions charmantes, mais, convenons-en, incongrues. Pourquoi la messe a-t-elle lieu à minuit ? Pourquoi mange-t-on de la dinde et pourquoi la fourre-t-on aux atacas ? Pourquoi offre-t-on un biscuit et un verre de lait à un pur étranger qui entre chez nous par effraction et comment croyons-nous enseigner la prudence la plus élémentaire à nos enfants de cette façon ? Toutes ces questions, vous comprenez bien, sont venues taquiner l’esprit toujours en ébullition de notre Lise Raymond nationale, celle qui possède la célèbre entreprise de communications qui porte son nom. Après une enquête exhaustive, elle vous livre ici le fruit de ses recherches, espérant jeter un éclairage nouveau sur cette fête désacralisée. Avouez que vous êtes impressionnés par l’utilisation de l’adjectif « désacralisée ». Enfin, bref, hors propos, revenons à nos moutons (ceux qu’on retrouve sous la crèche)…

Première tradition : le Père Noël. Les érudits dans la salle vont tous commencer à nous raconter l’histoire de Saint-Nicolas (pour son origine) et de Coca-Cola (pour son apparence actuelle). Eh bien vous avez tout faux ! Un point négligé par tous, c’est que le gros monsieur rouge, il est albinos. Le symbole est là. Papa Noël manque de mélanine, ce qui fait qu’il n’a pas de couleur, qu’il n’est d’aucune race. Il s’agit d’une invitation à célébrer un Noël sans frontières, où culture et couleur de peau n’ont pas leurs places. C’est peut-être aussi une façon subtile de nous rappeler qu’il faut penser à Pierre Bourgault de temps en temps, mais, bon, on n’est pas sûr, c’est ça le propre des symboles, d’être un tant soit peu obscurs…

Pourquoi le Père Noël doit-il passer par la cheminée maintenant ? Il pourrait passer par beaucoup d’autres endroits, mais il choisit la cheminée. Si on y pense un peu, c’est très simple. Un être humain qui passe par un couloir sombre et étroit, c’est tout ce qu’il y a de plus freudien comme symbole : il naît, simplement. Il part du toit-utérus, passe par la cheminée-vagin et tombe dans le foyer-sein maternel. Ensuite, il nous apporte des cadeaux-ovules qu’il dépose au pied du sapin-phallus. Ça saute aux yeux.

À partir de là, tout prend un sens. Le Père Noël en rouge, c’est le sang, la douleur de l’enfantement; le verre de lait, c’est la lactation maternelle; le bas accroché à la cheminée, c’est le condom abandonné; les grelots après les chevaux, c’est un paquet de petits testicules qui se rappellent à nous. Et ça, c’est sans compter ce désir irrépressible qu’on a de fourrer la dinde. Vous comprenez pourquoi maintenant les mononcles feelent cochon rendu au dessert ?

De plus, apprenez que le gui était un symbole de fertilité chez les anciens Gaulois. Même si on s’embrasse chastement en dessous, ça veut quand même dire qu’on a envie de procréer là, dans l’entrée, comme des pervers, devant toute la parenté.

Oubliez l’histoire de l’albinos : tout est relié. S’il n’y avait pas tous ces symboles pour sublimer nos instincts les plus archaïques, la fête de Noël serait une gigantesque orgie avec pour conséquence, neuf mois plus tard, l’arrivée d’un paquet de consanguins qui viendraient abâtardir la race humaine et appauvrir son patrimoine génétique.

Je vous le dis, Noël, c’est une question de survie. Méditez là-dessus pendant vos vacances des Fêtes !

Joyeux Noël, les amis !

25 décembre 2000   Aucun commentaire

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