Lise Raymond pratique un métier qui n’est pas de tout repos
Il y en a qui sont prêts à n’importe quoi pour ressentir la poussée d’adrénaline que procure le danger. Prenez juste le Français qui se prend pour Spiderman, celui qui escalade tous les gratte-ciels de la planète sans corde, sans filet, et probablement sans santé mentale. De deux choses l’une : ou il en avait vraiment marre de se faire harceler par les représentants des compagnies d’assurance-vie et il a pris les grands moyens; ou il a été élevé par une famille d’écureuils et il en a gardé des séquelles sévères; on l’imagine faisant des provisions monstres à tous les automnes. Eh bien ! à ce personnage assoiffé de sueurs froides, nous ne dirons qu’une chose :
« Moumoune ! »
Vous avez bien lu : « Moumoune ! » L’angoisse qu’il éprouve, accroché aux parois des buildings de ce monde, n’a rien, mais alors là rien, de comparable à ce que ressent chaque jour LISE RAYMOND — oui, la Lise Raymond des Communications du même nom. Car le métier de relationniste dans le merveilleux monde du showbiz québécois est rempli de dangers innommables que nous allons vous nommer de toute façon.
La terreur est là, tapie dans chaque repli du quotidien. Imaginez l’horreur de vivre dans la crainte perpétuelle de réveiller un musicien, peu importe l’heure à laquelle vous l’appelez dans la journée. Imaginez l’anxiété éprouvée quand on vous demande de faire le tracking radio d’un groupe de musique klezmer au AM de Matagami. Imaginez l’effroi ressenti lorsque vous devez partir de CIBL, vous rendre à TQS, revenir à Radio-Canada, voler vers CKOI, puis finir à CISM, tout ça en une heure et demi, en pleine heure de pointe, en parlant au cellulaire, et en demandant à Patrick Bruel de vous lâcher la cuisse.
Imaginez : à chaque première, à chaque lancement, à chaque événement public, vous risquez de tomber face à face avec madame Minou. C’est sans issue : il est impossible de se camoufler derrière un hors-d’œuvre. Si son orbite croise la vôtre, vous voilà tremblant, en sueur, pareil à la chèvre de Monsieur Seguin face à son destin.
Imaginez : vous ne savez jamais quand un artiste va soudain se prendre pour un terroriste du Jihad islamique et se mettre à bûcher sur tout ce qui bouge dans un avion. Une relationniste a beau aimé recevoir les appels des journalistes, mais quand le téléphone se met à sonner comme dans la dernière heure d’un téléthon, comment ne pas éprouver une peur panique ?
Non, ce métier n’est pas de tout repos. La frayeur est son lot quotidien. L’épouvante est chaque jour au rendez-vous. Allez-y ! Offrez-vous des sensations fortes : sautez en parachute, plongez en bungee, allez voir I Know What You Did Last Summer part 12 . Jamais vous ne connaîtrez le danger si vous ne passez pas au moins une journée dans la peau de Lise Raymond !
Mais à part ça, ça va bien…

1 mars 2000 Aucun commentaire
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