Lise Raymond fulmine
Le bonheur est une chose fugace. Vous pensez le tenir entre vos mains aussi solidement qu’un rapper tient son sachet, mais soudain, il glisse entre vos doigts et, adieu veau, vache, lait, cochon, votre vie vient de basculer dans une noirceur toute apocalyptique.
Elle est cruelle, la vie, va.
La preuve : ceux qui ont suivi les aventures de Lise Raymond depuis ses tout débuts — nous parlons bien sûr de la sémillante propriétaire de l’entreprise de communications qui porte son nom — ceux-là, donc, savent que le destin s’est déjà acharné sur elle avec la vigueur d’un lemming en période de rut. Vols à répétition, déménagements forcés, etc, ce n’était pas le Sahel, mais bon, ça rendait les lundis matin encore plus sacrant qu’ils le sont naturellement. Mais après la tempête, le ciel bleu était revenu dans sa vie, et, depuis, elle voguait allégrement sur les flots de la joie comme une frégate à Valleyfield.
Mais le weekend dernier, peut-être pour accomplir la noire prédiction de Nostradamus, le malheur s’est de nouveau abattu sur elle comme les médias sur Serge Losique. Les tourments de la Géhenne sont une joke à côté de l’épreuve qu’elle a subie.
En effet, dimanche dernier, Lise s’est fait volé sa sacoche.
Femme, vous le savez : combien de secrets résident dans un sac à main ! Combien de choses soigneusement dissimulées à la face du monde entier, et on ne parle pas seulement du numéro de la Visa, sont cachées dans la petite poche avec le zipper ! Lise s’est réveillée lundi matin en se sentant nue, violée. Il fallait faire le deuil de tout : ses cartes, ses numéros de téléphone patiemment accumulés sur des cartons d’allumettes, son autographe de Mère Teresa… Comme un membre amputé, elle sentait encore la courroie qui pendait à son épaule.
Alors voilà… À l’enfoiré qui a commis le crime, si jamais il lui arrive de lire ce papier, elle veut simplement dire ceci : « Les paparmannes roses qui se trouvaient dans la poche extérieure de mon sac et que tu as sans doute mangés en vidant ta nouvelle acquisition, eh bien ! ils étaient là depuis 12 ans ! Quand de la broue pourpre te sortira du nombril, tu penseras à moi… »
Mais trêve de ressentiments et d’acrimonie. Le propos de ce communiqué, c’est de vous proposer un nouveau mots croisés. Et pas piqué des vers, croyez-nous. Il s’agit d’une grille en l’honneur des gagnants du mois de mai, ces deux pervers qui étaient parvenus à terminer notre mots croisés vicieux; elle constitue en quelque sorte leur prix. Les voilà donc immortalisés horizontalement et verticalement, ce qui n’est pas sans rappeler ce qui est arrivé à un certain barbu voilà 2000 ans. Voyez sa renommée maintenant…
Concocté encore une fois avec l’aide de Frédérique Tiefry, la rédactrice de la grille casse-cou du dimanche dans le Journal de Montréal, ce casse-tête vous demandera patience et longueur de temps (ce qui vaut toujours mieux que force et que rage). Sachez que « C1 » et « C2 » désignent lesdits gagnants et que leurs noms complets forment la potence de la grille. Ceux qui n’ont pas le réflexe « bac vert » n’ont qu’à se rapporter au communiqué du mois de juin pour savoir de qui il s’agit. Les autres, rendez vous au centre de tri avec une pelle.
Bonne chance à tous et rappelez-vous que la fin du monde était mercredi passé, alors ne vous étonnez pas si le chèque d’allocation familiale est en retard.

18 août 1999 Aucun commentaire
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